Pourquoi favoriser les communautés de pratique ?

Le travail d’équipe est une chose, la communauté de pratique en est une autre. Sur un territoire donné, ou au sein d’un réseau d’entreprises, il vaut la peine de créer des communautés de pratique. Pourquoi, et comment procéder ?

Imaginez des profs de maths, issus de différentes écoles à travers le pays, qui souhaitent développer ensemble de nouvelles pratiques pédagogiques ou partager des outils numériques. Imaginez maintenant un groupe réunissant des urbanistes, des élus municipaux, des spécialistes du patrimoine et des juristes en droit de l’environnement, déterminés à faire évoluer ensemble leur pensée au sujet du développement du territoire. Voilà ce qu’est une communauté de pratique : un espace de discussion et d’apprentissage collectif, qui n’est pas lié à un projet précis et qui vise à sortir du cadre habituel pour élargir les horizons.

Au Canada, les communautés de pratique se multiplient autant dans le secteur privé que public. Théorisée au Québec à l’Université Laval par le chercheur suisse Étienne Wenger, la communauté de pratique vise à « créer de nouveaux savoirs et à apprendre collectivement », comme l’explique Mélanie Normand, directrice de projet au CEFRIO.

Les participants d’une communauté de pratique cherchent à améliorer leurs pratiques professionnelles et à partager leurs bons coups, entre autres. Les communautés sont de plus en plus interdisciplinaires, réunissant par exemple des gens du milieu des affaires et du monde académique.

« La communauté de pratique se déroule de plus en plus de manière virtuelle, ajoute Mélanie Normand. Les outils de collaboration numérique permettent plus  de flexibilité et plus d’inventivité, en plus de briser les barrières géographiques. On utilise différents types de forums de discussion, d’outils de partage de documents ou de création numérique ou vidéo. »

Comment procéder ?

Il y a autant de modèles qu’il y a de communautés. « Les membres se donnent leurs propres règles du jeu », explique Mélanie Normand. Le CEFRIO identifie toutefois un fonctionnement classique, qui commence par l’identification d’un thème ou d’une idée porteuse, puis se poursuit par la mise en place de la communauté (notamment le recrutement et la mise en place des outils), et enfin par des interactions constantes et des évaluations régulières du processus.

Pour que la communauté de pratique fonctionne, il faut un animateur doué, qui est à la fois le modérateur des discussions, le garant de la bonne collaboration, le responsable du soutien technique et l’archiviste et diffuseur du savoir produit. « C’est carrément un nouveau métier qui demande des aptitudes autant technologiques qu’organisationnelles, et un état d’esprit de chercheur », précise Mélanie Normand.

Il faut aussi trouver un modèle de financement : les communautés de pratique finissent toujours par engendrer des coûts importants. Mais le jeu en vaut la chandelle.

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