Qu’est-ce qui stresse les gestionnaires ?

Gérer de gros budgets, des projets importants, des investissements risqués et des équipes apporte son lot de stress. On parle de ce sujet, encore tabou, pression stress gestionnaire.

Les oubliés du stress au travail

Les gestionnaires doivent aujourd’hui se préoccuper de la santé mentale de leurs employés. Mais leur propre stress, lui, est souvent nié. Or, un gestionnaire sur cinq souffrirait de détresse psychologique, selon une étude menée à l’Université de Montréal. Demander de l’aide est encore interprété comme un aveu de faiblesse de leur part, la gestion du stress faisant partie des requis du poste.

Pris entre l’arbre et l’écorce

« Le stress naît d’un sentiment de perte de contrôle face à une charge de travail trop importante et à une volonté de se surpasser », explique Nathalie Joannette, conseillère en orientation organisationnelle. Mandat flou, délais trop serrés, prise de risque, disponibilité accrue par courriel/téléphone : la direction exige de faire mieux et plus vite dans un monde du travail transformé par la technologie. Si la formation ou le soutien du gestionnaire est déficient, la situation peut rapidement s’aggraver.

Gérer les tensions de l’équipe et la hausse des attentes des salariés peut aussi générer de l’anxiété. « Les employés n’acceptent plus les anciennes méthodes de gestion, poursuit la conseillère. L’insatisfaction augmente également avec la pénurie de main-d’œuvre. On manque de personnes pour bien effectuer les tâches. » Et la reconnaissance dans tout ça ? Si l’on demande aux gestionnaires d’en faire preuve envers leurs équipes, l’inverse n’est pas toujours la règle.

Quand plus rien ne se passe

Trop de stress peut créer une paralysie dans la gestion d’une entreprise. « L’humain s’en protège à l’aide de trois mécanismes : l’évitement, le fait de céder, ou de rivaliser, explique Mme Joannette. Dans un cas d’évitement, le gestionnaire s’enferme dans sa bulle. Sa performance se dégrade, il ne prend plus de décisions, il annule les réunions et il ne collabore plus. Les gestionnaires qui “cèdent”, eux, mettent les bouchées doubles en assumant toute la charge de travail afin que tout soit parfait, et ils risquent l’épuisement professionnel. Ceux qui “rivalisent” sont irritables : leurs employés se sentent alors souvent menacés ou coupables. »

Sortir de l’engrenage

Le stress est inévitable. Mais on peut apprendre « à autoréguler ses émotions pour ensuite passer à l’action en adoptant un style de gestion sain, qui respecte ses valeurs », conseille Nathalie Joannette. Assumer ses forces et ses faiblesses tout en développant la collaboration permet de débloquer la situation. Aussi, « le gestionnaire doit prendre le temps de réfléchir au sens qu’il donne à son travail et d’élaborer de nouvelles stratégies ».

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