L’entrevue de départ : pourquoi elle compte

Suite à la démission d’un employé, il est de plus en plus courant de procéder à une entrevue de départ. Comment la mener, quoi en tirer ? On en parle avec Émilie Pelletier, CRHA, stratège en marketing et communications RH chez HRM Groupe.

Moins connue que l’entrevue d’embauche, l’entrevue de départ gagne pourtant en popularité au sein des organisations, puisqu’elle comporte des avantages pour l’employé qui part, et pour l’employeur. « À condition d’être bien menée ! » précise Émilie Pelletier.

Le comment

Selon Mme Pelletier, une bonne entrevue de départ se fait en personne, dans un lieu calme, « et dure au moins une heure, pour montrer l’importance accordée au processus et à l’employé ». Ensuite, une personne neutre doit la mener, et non l’employeur, afin d’éviter l’autocensure de l’employé. Finalement, l’utilisation d’un questionnaire standardisé est recommandée, « pour récolter un bassin de données similaires qui, une fois analysées, donneront de précieuses informations sur l’organisation ». À cette fin, la spécialiste suggère le canevas d’entrevue suivant :

  •      les raisons qui ont attiré l’employé vers l’organisation ;
  •      les raisons qui le poussent à partir ;
  •      le transfert de ses compétences ;
  •      les éléments positifs de l’organisation ;
  •      les pistes d’amélioration ;
  •      la possibilité d’un retour, dans le futur.

Le pourquoi

Exercice non obligatoire, employé et employeur gagnent à faire l’entrevue de départ, car c’est le moment pour l’un de donner des commentaires constructifs sur l’organisation et pour l’autre, d’en récolter. Également, c’est l’occasion pour l’employeur de remercier l’employé pour son travail et de s’informer sur ses objectifs de carrière. « Qui sait s’il n’aura pas une offre intéressante à lui faire ? demande Émilie Pelletier. J’ai déjà vu un employeur signer un “contrat de retour” avec un employé dont les compétences surpassaient celles requises par les postes existants, mais qui, cinq ans plus tard, concordaient parfaitement avec celles d’un poste bien précis. Non seulement l’employé est revenu… mais il est revenu avec de nouvelles connaissances qui se sont avérées bénéfiques pour l’entreprise ! »

Ainsi, en permettant aux deux parties concernées de se séparer sur une note positive, l’entrevue de départ réduit le risque qu’un ex-employé frustré devienne un mauvais ambassadeur pour l’organisation. Cela dit, bon nombre d’employés ne partent pas par frustration, mais bien pour répondre à un besoin de changement ou de développement, ou une offre impossible à refuser. D’où l’importance pour les employeurs de ne pas considérer les départs comme des affronts personnels et de laisser leur porte ouverte aux bons candidats… surtout en ce contexte de pénurie de main-d’œuvre !

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